Un jardin non extraordinaire, mais dans les allées fleuries duquel j’ai eu plaisir à flâner. Je me serais presque sentie chez moi : orthensia, seringa, chevrefeuille au feuillage rosé, le même que celui qui ceint mon jardin palletais. Dans ce parc de Poolewe, les azalées sont totalement défleuries mais les rhododendrons aux bouquets blancs, rose fushia, rouge éclatant et jaune bouton d’or sont encore éclos. De grands arbres côtoient un jardin de légumes variés en pleine expansion. La mer et son rivage rocheux déchiré qui se faufilent entre les branches, me rappelaient la terre d’Ėcosse et ses rivages marins tourmentés.
La route qui m’a conduite de Badraloch à Poolewe m’est parue un peu longue bien qu’il n’y ai que quatre vingt kilomètres à parcourir. Des lochs d’eau douce et d’eau de mer, encore. La monotonie des paysages que j’ai postés vous a-t-elle perdus en chemin ? J’ai connu des voyages où vous étiez plus généreux en commentaires. Ceci étant, il n’y a aucune obligation de commentaire et si je poursuis mes divagations sur ce blog c’est aussi pour mon plaisir et pouvoir réactiver les souvenirs de retour chez moi.
Mais écrit-on vraiment pour soi ? Mes camarades de l’atelier d’écriture doivent aussi se poser la question. Personnellement je pense qu’il y a toujours dans l’écriture un désir obscur d’exposition de soi au monde. Un risque mesuré de partager une pensée intime, une sensation, une réaction. Chaque idée, chaque mot nous engagent dans une réflexion « politique » dirait Sébastien, dans le sens de ce qui me concerne et me met en relation avec les autres, un nous qui fait peuple. Une pensée en construction qui cherche ses repères. De quelle manière le lecteur va-t-il, ou non, faire vivre le texte après qu’il ait été écrit. Des idées qui voudraient fleurter avec l’intimité et qui tentent de se partager.
Mais je m’égare, et si je pensais vous perdre en route, voila qui est fait !
Aujourd’hui je donnerai totalement raison à Laurent. La nourriture ici est à chier ! Oh, pardon je me suis un peu lâchée. Après le jardin de fleurs de Poolewe, un désir de réconfort gastronomique, m’a incitée à profiter de la restauration du parc. Je me laisse tenter par un plat végétarien annoncé aux champignons et sa garniture de frites et salade. L’endroit est de construction récente et fait plutôt bonne impression. On me serre, sur plateau Mac’do, une sorte de petite tarte, à peine aussi grande qu’un biscuit Oreo, dont la pâte est de forme et de couleur indescriptibles. Elle semble recouverte d’une sorte de chapelure, probablement pour lui apporter le croustillant qui lui manque. La garniture n’a de champignon, que l’unique morceau qui baigne dans une purée insipide dont je ne sais absolument pas de quoi elle est composée. Purée de champignons ? Peut-être. Heureusement les pommes de terre en chips sont très bonnes et la salade verte est agrémentée d’une demie tomate cerise qui apporte un peu de couleur à l’ensemble. J’ai payé le plat 9,5 £, soit près de 12 €. Je comprends pourquoi les touristes optaient pour la soupe et son mini quignon de pain. Moins cher et plus sûr. En arrivant au Berlingo, je me suis taillée une belle tranche de biscotte aux graines et une compote pomme fraise. Beaucoup moins cher mais délicieusement appétissant !
La journée n’était pas terminée mais ça c’est l’article suivant.


