Applecross


Écosse / mardi, juin 13th, 2023

Tout simplement splendide ! Une route entre montagnes et falaises avec vue imprenable sur l’île de Skye dissimulée par une brume. 32 kilomètres impressionnants. Surtout sur la falaise ouest. Je croise à un arrêt, un couple en moto qui me surprenne à expliquer à Lison en français que c’est là-bas qu’on sera bientôt. Ils sont du Loir et Cher et remontent en sens contraire la route que je viens de descendre. Ils sont enchantés de leur découverte. La Norvège ? Oui ils connaissent. Evidemment l’Ecosse c’est moins spectaculaire.

Pourtant aujourd’hui, en prenant la route Applecross Path qui mène à Bealach na Ba, point de vue, 710 mètres, la plus haute route de l’Ecosse, et surtout à la redescendre jusqu’à la A896, j’étais impressionnée par la difficulté qu’offrait cette voie, single pass, bien entendu, avec des virages invraissemblables et une vue spectaculaire. Pour les amoureux de sensations, à faire absolument. Croiser un camping-car dans un virage n’est pas aisé mais cette route malgré sa dangerosité et son interdiction d’usage dès que les conditions météo sont un peu chaotiques, vaut vraiment le coup. Je suis moi aussi enchantée de ma journée sans compter que le soleil est toujours bien présent et que les menaces d’orage ne semblent pas avoir de conséquences. J’ai donc roulé en montant, puis suis descendue dans la vallée faire quelques courses. Pour rejoindre Applecross et son charmant camping bien placé au-dessus du minuscule village, je devais soit réemprunter la route d’hier, plus facile mais plus longue ou reprendre celle que je venais de découvrir. J’ai choisi derevenir sur mes pas et franchement le spectacle était tout aussi stupéfiant.

Lison se porte comme un charme. Ce matin je lui ai donné une matinée de repos au camping. J’en ai profité pour décider de ma date de retour : ce sera le 28 juin, dernière journée avant que les prix du Shuttle ne grimpent pour causes de départ en vacances. Il me reste encore beaucoup à découvrir dont l’île de Skye où nous devrions être demain soir.

Pour vous tenir assidus à ce blog, je m’en vais vous conter une anecdote que j’ai vécue avant-hier au large du loch de Ulapool. J’étais assise dans l’herbe à contempler la mer et à me rassasier d’une salade. Le temps légèrement gris et frais m’obligeait ce dimanche vers 13 heures à garder ma polaire. J’aperçois à une centaine de mètres du rivage, 3 kayakistes vêtus de gilets de sauvetage deux en orange et un bleu. Ils reviennent vers la plage et je devine que l’un d’entre eux donne une leçon aux deux autres. J’imagine que le bleu est le sachant, et les deux oranges les apprentis. J’observe le manège, essaye de suivre et d’interpréter les évènements : un des orange sort de l’eau, et y entre à nouveau après avoir quitté la jupe, déposé pirogue, pagaie et gilet de sauvetage. Je comprends que c’est le gilet bleu qui prend la leçon. Le orange resté à l’eau parle fort et fait des mouvements de hanches dans son kayak, bat des bras avec sa pagaie, explique quelque chose, enfile son casque, chausse des lunettes de plongée. Quand soudain, il chavire et refait immédiatement surface en moins de trois secondes. Il est en train d’expliquer comment réagir quand le kayak vient à flotter l’hiloire sans dessus-dessous. Maintenant c’est au bleu de faire l’exercice. Le second orange qui est entré dans l’eau assiste le bleu et lui permet après dessalage (c’est ainsi qu’on appelle le chavirement de kayak) de refaire très vite surface. Il faudra trois ou quatre essais à l’apprenti pour obtenir les applaudissements enthousiastes du maître. Chronomètre en main, il atteste que l’exercice est réussi. Je ne savais pas qu’on pouvait apprendre à chavirer en mer. A deux moniteurs pour encadrer la leçon ça doit sacrément être onéreux les 5 minutes de bain de mer. Il est vrai qu’il avait aussi un casque et récupéré, à la volée, les lunettes de plongée du maître. J’ai ainsi compris que pour être kayakiste averti, il faut apprendre à balancer des hanches. Moi qui pensait ce sport réservé aux sportifs musclés je me suis dit que j’avais peut-être une chance de réussir ce renversement de situation !

Une tempête approche. Il fallait bien, après plus de deux semaines de beau temps, que les cieux se déchaînent. Chacun a pris ses précautions. Les tentes ont tiré leurs cordes et mis à l’abris ce qui craint le plus. Les campings-caristes ont remonté les auvents. Je me suis éloignée d’un arbre et en ai profité pour placer le Berlingo dans le bon sens du vent. Le tonnere gronde au loin, dans l’immédiat nous profitons encore de quelques rayons du soleil, mais la nuit risque d’être un peu malmenée.

2 réponses à « Applecross »

  1. wouahhh. Magnifique !
    En voilà des paysages sympas. Je note ce joli coin.
    on te croirait au dessus des nuages.

    bises.

    1. Laurent j’atteste, Applecross et surtout les deux routes qui y mènent offrent des vues splendides. Il faut savoir que Applecross est une sorte de cul-de-sac. Une des deux routes est si dangereuse qu’elle est interdite aux campings-car, mais on en croise quand-même … Je l’ai trouvé plus difficile à descendre que celle de Norvège des Trollstigen pourtant très impressionnante avec ses 17 virages je crois.

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