J’ai tant de choses à raconter ce soir que je ne sais comment trier. Tout à commencé à Bergen. Avais-je fini de lécher mon cornet deux boules glacées, caramel, noisette ? Je crois que non. Le parfum caramel avait un goût de chèvre très prononcé. À y réfléchir, j’ai peut-être interprété un peu vite le choix que j’ai cru faire. Je me suis assise sur un long banc en bois, face à Bryggen, Lison à côté de moi. Je dégustais la noisette, le temps ensoleillé et la belle vue que j’avais sur la vieille ville de Bergen.
Juste à côté de moi j’ai perçu quelques mots dans une langue que je connais mieux que le norvégien. Va savoir pourquoi j’ai ressenti un désir impérieux d’échanger quelques mots avec ces jeunes français. Vous savez déjà que ma conversation avec Lison ne mène pas bien loin. J’ai donc commencé par dire des banalités et ensuite on a bavardé, assez longtemps. Je me sentais bien en leur compagnie, les sujets, serieux pour certains, s’enchainaient naturellement. On étaient comme on dit par chez moi : sur la même longueur d’ondes malgré nos quarante ans d’écart. Ils venaient d’arriver à Bergen et partaient pour deux semaines, sac sur le dos, découvrir la Norvège en stop. J’ai apprécié leur formule tout en mesurant la difficulté qu’il y a ici à se déplacer. J’ai espéré trés fort que le soleil les accompagne ce qui semblait, sur Bergen en tous cas, tout a fait possible. Je ne sais pas combien de temps on a parlé mais je sais que c’était chouette. Elle m’a fait du bien cette rencontre : il y a vraiment une belle jeunesse qui devra et saura inventer un nouveau monde face aux difficultés qu’ils auront à connaître. Je les ai quittés heureuse de les avoir rencontrés, regrettant de ne pas leur avoir donné mes coordonnées au cas ou …
Et puis je suis repartie, sans me retourner. J’en ai croisé des gens sympas pendant mes itinérances, c’est rare ensuite qu’on se revoit mais pour quelques instants fragiles on a partagé le même espace temps et nos échanges se sont inscrits sur l’éternité du temps. C’est tout le charme des rencontres sans lendemain. La plus belle chanson qui évoque l’éphémère des rencontres on la doit, me semble-t-il à Brassens : les passantes. Magnifique chanson poème dédiée aux femmes mais qui me touche tout autant en pensant à mes « rencontres ». On peut écouter cette chanson ici : https://youtu.be/vvjhsZYaofk Le lendemain et le sur lendemain il a plu et j’ai pensé à eux, le stop sous la pluie.
Mais aujourd’hui il a fait un temps magnifique. Je me suis réveillée sous un ciel bleu intense et le camping où je m’étais installée pour deux nuits avait ce matin un charme fou. L’Aurlandsfjellet m’attendait. C’était aujourd’hui que je devais passer cette route qui n’ouvre que quelques semaines dans l’année sinon j’étais condamnée aux vingt cinq kilomètres de tunnel. Bien que gratuit, son passage ne me tentait guère. Alors je suis partie le coeur léger et cette fois je me suis retournée pour faire de grands signes de la main à Lina et Serge.


Cela faisait deux jours déjà qu’ils étaient arrivés à ce camping quand je m’y suis installée moi-même. Je n’en croyais pas mes yeux mais je ressentais une vraie joie de les retrouver là. Ils avaient donc réussi leur sortie de Bergen. Oui, mais pas en stop. Nos échanges les avaient incités à louer une voiture pour une meilleure mobilité. Et on se retrouvait là dans une vallée perdue, dans un camping paumé ressentant le même plaisir à nous retrouver. Cette fois-ci on a vraiment fait connaissance : j’ai parlé fromage de chèvre, ils m’ont parlé projet d’avenir ; je leur ai parlé de l’Italie, ils m’ont parlé d’une amitié qui se transforme en amour ; je leur ai fait la visite complète du Berlingo, ils m’ont parlé de leur travail ; je leur ai prêté mes cartes de Norvège, ils les ont photographiées. Nous avons échangé nos coordonnées. J’ai promi un article de notre rencontre sur Altareha. Et en m’embrassant Serge a dit « à bientôt ». Je les ai pris en photo, ils sont beaux tous les deux. Mais par délicatesse je ne poste pas de visage ici. Alors je regarde la photo et je les imagine se délectant du fromage de chèvre et toujours dans le camping qui a tellement de charme.

Ce qui me rend joyeuse dans cette rencontre c’est son inattendu. Il suffisait de trois fois rien pour qu’elle n’ai pas lieu et pourtant nous étions tous les trois à ce rendez-vous camping de Gudvangen. C’est eux qui m’attendaient. Je me suis concentrée sur ma conduite, délaissant les visages souriant de Lina et Serge pour tenir ma promesse de conduire sans risque, de faire bon voyage et de prendre bien soin de moi. Et la route de l’Aurlandsfjellet s’est avérée tout simplement magnifique. C’est la plus belle que j’ai faite à ce jour. Les photos que je vous poste sont un pàle reflet des beautés contrastées de cette route. Sur les dernières photos on devine de hautes montagnes. C’est dans cette direction que je dois aller la semaine prochaine.







Qu’elle rencontre !
C’est dans ces moments qu’on apprécie la vie avec toute sa magie.
Tu nous a beaucoup marqué, toi, ta joie de vivre et ton franc parler. Notre périple à prit un tout autre sens lorsque nous t’avons rencontré et nous ne pouvons que te remercier d’avoir oser nous aborder sur ce petit banc à Bergen. Heureux d’avoir maintenant une amie pleines de ressources comme toi. Sois fière de ce que tu accomplis c’est tellement beau, beaucoup devraient prendre ton exemple. Merci, ce mot suffit à peine à montrer toute notre reconnaissance mais tu saura y voir tout ce qu’il veut dire.
Bonne route, Monique !
Serge et Lina
Ah, quel plaisir de vous retrouver ici et de vous compter parmi mes commentateurs.
Il n’y a ici que de belles personnes, chacune avec son originalité et qui m’ont faite aussi telle que je suis aujourd’hui.
Vous êtes déjà connus de la communauté !
Vous aussi vous accomplissez de belles choses.
Oser venir en voyage avec sac à dos pour visiter la Norvége : il faut du cran tous les jeunes ne font pas cela.
C’est vrai qu’en vous croisant à Bergen j’ai pensé à Sébastien et Eva (mon fils et son amoureuse) venus comme vous avec sac à dos pour découvrir les Lofoten.
Vous rencontrer, parler avec vous à Bergen puis vous retrouver à Gudvangen : quelle chance, quelle joie !
J’espère que vous avez un peu de soleil. Ici il vient timidement.
Demain je m’engage sur la route 55. Je monte toujours un peu plus vers le nord. Lison se plaisait bien ici. On est resté 3 nuits. Quand elle m’a vue ce soir commençant à plier les affaires, elle faisait la mine des jours tristes.
Bonne suite à vous. Je vous embrasse
Coucou ma très chère Monique. Je récupère les quelques jours de retard sur tes écrits et je constate que, malgré la froidure et la solitude, tu résistes. Je ressens également à travers tes pages les différentes émotions que tu traverses : la lassitude du vilain temps, le manque de pouvoir partager le bonheur de chaque instant vécu, le régal d’échanger avec de plaisantes personnes, la gourmandise d’un caramel au lait de bique …. ah ah ah. Tu nous donnes la chance de partager ton périple et je t’en remercie infiniment.
J’espère que le soleil va s’installer pour de bon et vous réchauffer toutes les deux (moi je suis gelée, ici il n’a fait que 14° cet après midi). Bisous tout plein.
14 degrés ! Que diable mais quelle chaleur !
Ce soir il fait 11 ici et on sort bras nus. Enfin les norvégiens, moi j’ai toujours mes deux polaires.
J’ai même porté mon bonnet tantôt … si si
Il est 22h13, il fait lumière comme plein jour, mais comme on est dans une vallée très étroite on ne voit plus le soleil car il a bien voulu sortir de sa cachette vers 19h.
Demain on devrait avoir beau. Je prévois une autre sortie glacier cette fois avec vue très large.
Samedi j’espère un grand ciel bleu pour faire la route 55. La plus belle du pays parait-il.
La pluie me coûte un peu, c’est vrai.
J’avance à grands pas dans la lecture du livre que tu m’as prêté. Effectivement il est très chouette et j’ai beaucoup de plaisir et d’impatience à le retrouver. Il ne va pas tenir toutes mes vacances …
Gros bisous M’Annick, Je suis contente de te retrouver
Ce soir événement particulier: les footballeuses françaises rencontrent les norvégiennes. Peut-être sera tu dans un camping à regarder le match. Une autre façon de faire connaissance….
Bisous
Ah ben non je savais pas. Il n’y a pas souvent de télé ici dans les campings. Sans doute parce qu’il faut avoir le câble ?..qui a gagné ?
Je te tiens au courant. Le match commence à l’instant😉
Le match vient de se terminer avec la victoire des françaises 2-1.
Bonne nuit et à demain
Gros bisous
J’aurais parié sur les françaises. Elles sont extra !
Coucou Monique,
Quel périple. Je prends le temps un peu de prendre de tes nouvelles et je vois qu’elles sont bonnes. Tant mieux. Sympa cette rencontre alors. C’est chouette de partager des moments de rencontres inattendus. Ça me rappelle mes nombreux covoiturages blablacar. J’en ai transporté et rencontré des personnes. On a partagé des moments furtifs mais parfois très sympathiques. Mais quel cadre de ton côté ! La Norvège offre des paysages somptueux. Tes voyages nous donnent des idées pour de futurs destinations.
Prend bien soin de toi et de Lison. Les routes sont parfois difficiles ? Le soleil doit faire du bien.
Je vous fais des gros bisous.
Je sens et ressens le soleil et la quiétude dans ton écriture : cela vient sûrement de cette belle rencontre avec Lina et Serge et probablement aussi à ce soleil revenu t accompagner.
Tes photos sont magnifiques… tout autant que ton texte. Je t embrasse tendrement.
Chrystele
Merci Chrystèle, Je suis très touchée par ton message. Parfois quand j’écris je ressens certaines émotions me traverser : l’amusement, la satisfaction, la joie, la félicité même, la fatigue, la tristesse aussi. Il n’est jamais assuré que le lecteur partage ces émotions car il y a autant d’implication personnelle à lire qu’a écrire. Je suis heureuse de comprendre que tu ressens ma joie en découvrant mes textes. Cela rend mon voyage plus riche. Je t’embrasse avec toute ma tendresse et je ne sais pas expliquer comment je sens également que ta vie est joyeuse en ce moment. Je m’en réjouis profondément.