Qu’importe le nom du village. J’aurais pu écrire Bergheim, Rorschwihr, Saint-Hippolyte, Rodern, l’essentiel n’est pas de savoir quel village j’ai traversé et visité mais plutôt quelles émotions j’ai ressenties en marchant sur ce sentier ensoleillé, entre collines de vignes et rassemblement de maisons autour de leur clocher.
Il faisait un ciel bleu et un soleil intense qu’un léger vent frais rendait supportable.
La balade n’a pas été très longue en distance mais nous avons pris le temps. Nombreux arrêts à l’ombre de bouquets d’arbres éparpillés pour que Lison se rafraîchisse, le sol terreux et pierreux par endroits était chaud. Beaucoup d’eau pour nous rafraîchir. Collées aux contreforts des Vosges les villages sont adossés à des vignes de renommée internationale. Les toits en tuiles rouges contrastent avec la verdure qui les enserre.
Autant d’arrêts pour contempler ce paysage ouvert sur la plaine du Rhin à perte de vue. Le fleuve ne s’aperçoit pas bien qu’il dessine un paysage de plaine que dominent en arrière plan les montagnes de la Forêt Noire.




Après cette magnifique promenade, dernières visites des derniers villages du Haut-Rhin. À Bergheim, je suis entrée dans une boutique qui, dès le seuil passé, a révélé mes souvenirs d’enfance. De vieux rayonnages en bois, serrés les uns au-dessus des autres, remplis de pots de confiture aux saveurs improbables, des miels, des sachets de plantes séchées, des élixirs, tout fait maison, pas un espace de disponible dans tout ce fatras de marchandises. Des milliers de douceurs et des récompenses, médailles et prix, affichées en petits formats, plaquées à l’emporte pièce entre les rayons. Tout le savoir bien-faire de l’artisan passionné. Et cette odeur ! Celle de l’herboristerie de mon enfance. Un mélange de sucré, épicé, d’arômes de thym, de menthe, d’anis, de pain d’épices, de cannelle qui enveloppe la mémoire : délicieux souvenirs gourmands. J’aurais voulu prendre une photo de cette cavité, replis bucolique du monde extérieur qui sentait si bon la vie naturelle. Impossible ! La patronne une vieille femme mal attifée, au visage marqué et aux longs cheveux emmêlés m’a rapidement fait comprendre qu’elle avait nullement l’intention de répondre à mes questions. « Les pots en dégustation sont là, vous prenez une cuillère et vous achetez. » Wouah, pire accueil impossible. Ça m’a ralenti dans mon souhait de lier connaissance. Sur le guide du Routard, l’endroit est recommandé comme lieu d’achats de bons produits mais en fin d’article, il est précisé « accueil routinier ». On se demande ce qu’ils ont voulu dire … D’ailleurs en zoomant sur la photo de L’Églantine de Bergheim, vous verrez que tous les ans, depuis plus de 20 ans, le guide du Routard n’en démord pas : lieu à visiter, mais … faire vite. La devanture richement fleurie de la maison contraste avec la froideur de la commerçante. Je me suis néanmoins laissée tenter par une gelée de géranium et une barquette de framboises cueillies au jardin quelques heures auparavant. Pas envie de déranger plus longtemps la patronne – seul détail qui m’a été précisé -. J’ai gouté, demandé où déposer ma cuillère utilisée. Là, m’a répondu la bougonne en me montrant l’endroit de son index ; j’ai payé ; un emballage ? Non merci. rien de plus. Mais ce délicat et subtil parfum du géranium dans une gelée peu sucrée, un délice. Quant aux framboises il m’en reste une petite poignée pour le petit-déjeuner.



Demain nous quittons cette magnifique partie de l’Alsace pour remonter vers le nord, direction les Vosges. Mais demain sera un autre article.
Je n’irai pas visiter Strasbourg, mauvais souvenirs et crainte de n’avoir plus aucun points sur mon permis au retour. Direction la montagne.
Oh zut, mon commentaire n’est pas passé (page perdue, connexion perdue…)
Je disais en substance que je trouve très champêtre les paysages que tu partages ce jour. Ca fait plus « campagne » encore que les autres jours.
Mon périple continue, depuis la 1722, à travers ton blog de voyage. Vive les partages d’expérience.
je souris à ta lecture et le souvenir d’une vieille herboristerie chaussée de la Madeleine surgit. Des mélanges de senteurs incroyables et délicieuses me reviennent.
C’est exactement à cette herboristerie que j’ai pensé en pénétrant ce grenier à épices. Dommage la commerçante de Bergheim ne distribuait pas de bonbons 😂