L’Ecosse m’aura réservé des étonnements jusqu’au bout. Je pensais avoir vu les plus beaux paysages. Aujourd’hui à nouveau je me suis laissée saisir par la beauté de la vallée de Glencoe.
Mais déjà au réveil, l’environnement naturel du camping me réservait bien des émotions. Des nuages bas glissaient sur les flancs des montagnes apportant une douceur complémentaire au paysage déjà infiniment apaisant.


Il fallait partir et le temps ce matin était enfin à la pluie. Je me réjouis des conditions d’ensoleillement exceptionnelles que m’ont réservées mes trois premières semaines. Pourtant je n’aurais pas voulu quitter l’Ecosse sans entrevoir ce qui fait le quotidien des gens d’ici : la brume, le brouillard, la pluie. J’ai commencé ma découverte de la vallée de Glencoe la tête dans les nuages. C’était ce matin un crachin breton froid et pénétrant.
A mi-route, déjà enthousiasmée par les points de vue qu’offrait la route, j’ai bifurqué pour visiter la vallée d’Etive. Vingt kilomètres de pleine nature sans maison ou presque, sans liaison téléphonique, sans mouton. Des montagnes verdoyantes, des cascades, quelques bouquets de bruyère en fleurs, de la fougère, des arbres et une route étroite qui serpente et ne conduit nulpart. Ou plutôt au bout de la route, un loch, une plage, quelques curieux comme moi, un rocher pour pic-niquer. Une ballade le long du loch après déjeuner jusqu’à une petite plage de galets.




Et puis surtout une rencontre. C’est la seconde fois que j’aperçois des cerfs élaphes : cervus elaphus scoticus. Un animal sauvage qu’on ne croise qu’en Ecosse paré de hauts bois fort impressionnants. Cette fois j’ai vraiment pu les observer, ils étaient tranquilles. L’un des deux a traversé la route puis dans un saut à la fois puissant et élégant est parti un peu plus loin. La rencontre des animaux sauvages est toujours un moment magique. Il marque la mémoire et s’ancre dans le souvenir de manière indélébile. Le plus grand animal des deux n’est pas celui qui est au premier plan, mais celui qui broute l’herbe. On aperçoit bien ses bois imposants sur la photo du dessous.



Je reviens vers la route A82 pour continuer la découverte de Glencoe. Quelle merveille cette large vallée ! En fait c’est plutôt un plateau entouré de montagnes aux versants alpins, ils ne font pourtant guère plus de 1000 mètres. Au centre de la vallée des lochs et leurs îles plantées d’arbres. C’est tellement vaste qu’on se demande comment il est possible qu’un tel monde puisse existé dissimulé entre des montagnes qui furent d’anciens volcans. Paysage encore inconnu qui me laisse contemplative. On se croise entre curieux pour une photo, pour retenir l’émotion qui rendra le souvenir plus vif : « beautiful », « marvelous ». »Ah, c’était vraiment beau » dira-t-on plus tard en essayant de raviver les impressions premières. Les adjectifs manquent devant un tel paysage. La terre est noire dès que le pied de l’homme a foulé la lande couverte d’herbe grasse et de bruyère. Partout ailleurs la terre est restée dans l’état où elle devait être il y a déjà des milliers d’années. On longe des cratères de volcan bien dessinés. C’est vraiment très beau et surtout c’est unique comme l’est la Toscane en Italie, Riano en Espagne ou le Lysefjord en Norvège. Je recommande vivement cette route A82 qui va du village de Glencoe à Tyndrum. J’ai déjà prévu demain de revenir sur mes pas pour refaire une route en boucle dans la vallée de Glencoe. Je m’aperçois que j’étais tellement captive du paysage qui m’entourait que je n’ai pas suffisamment travaillé mes photos.



