Route 55 et Galdhoppigen


Norvège / dimanche, juin 16th, 2019

Dimanche 16 juin, 17 heures. Je suis assise, paisiblement enchantée, sur mon fauteuil en plastique gris, acheté trois francs six sous dans un magasin d’articles au rabais, face à un paysage dont la beauté est d’un prix inestimable. Il fait frais mais beau et se dresse en noir et blanc au dessus de vallons verdoyants le plus haut sommet de Norvège : 2469 mètres. Un torrent dévale les pentes et, tout autour du Galdhoppigen, des monts et des montagnes. La route 55 ne fait pas mentir les guides qui la présente comme une des plus belles de Norvège. J’en prends encore plein les yeux, ne sachant plus où regarder.

Je m’embarque sur une route perpendiculaire qui monte en lacets très au-dessus de la route principale. J’ai décidé que nous passerions la nuit sur un espace plat, bien emménagé qui offre une superbe vue, dans la fraîcheur d’un vent descendu des hauteurs glacées et qui m’a obligée à enfiler ma polaire technique à manches longues sous ma grosse polaire de randonnée. Le soleil couchant devrait me permettre quelques photos intéressantes que malheureusement je ne pourrai pas poster car le réseau est quasiment inexistant et ma batterie de tablette est à 10 %. Stupidement, je n’ai pas fait le nécessaire au camping pour la recharger … mais comme demain est dimanche j’ai le bénéfice de la relâche du week-end.

Demain, tranquillement nous finirons la route 55 pour nous acheminer vers le Geirander fjord. Toujours vers le nord, toujours plus loin de mon minuscule potager, des salades et pommes de terre qui doivent pousser dans leur carré, encore un peu plus loin de vous … Je sais que je ne reviendrai jamais ici. Je porte donc sur chaque paysage le regard de la première et de la dernière fois, ravie de mon audace à venir seule jusqu’ici, ébahie des beautés qu’offrent au regard ce pays, consciente de ma chance à profiter de l’instant sans risque ni enjeux majeur.

Lundi 17 juin. A six heures ce matin, la pluie m’a réveillée. Je n’avais rien laissé à l’extérieur du Berlingo hier soir. J’aurais donc pu mettre des Quies et essayé de dormir encore un peu. Mais j’étais à 1400 mètres d’altitude et m’a sonde que j’ai cassée ne pouvait pas me renseigner sur la température extérieure. S’il se mettait à geler je m’imaginais mal redescendre sur le verglas la route que j’avais empruntée. Cette simple inquiétude a suffi à me mettre en mouvement. A 7 heures je quittais l’emplacement pour retrouver quelques kilomètres en contrebas la route 55 que j’avais quittée. Malheureusement ce n’est pas sous le soleil que je l’ai terminée. Et pourtant quel spectacle !

Mon humeur a pris la couleur du ciel. Rien à faire le beau temps ne tient pas et mon site météo de référence annonce une semaine de pluie où que j’aille. Je me sens complètement déboussolée. Une sciatique commence à me gêner côté droit, pas de soleil, du gris foncé, du vent et ras le bol !
J’ai achevé la route 55 que j’aurais dite spectaculaire et splendide s’il n’avait pas fallu déjouer la pluie pour faire quelques photos. Puis j’ai enchaîné avec la route 15. J’ai tenté une route de traverse et j’ai fait demi tour. Ce soir je suis au camping de Otta, sans savoir où j’irai demain. Cette nuit je dors et plus tard on verra. Pour changer : il se remet à pleuvoir après une acalmie de quelques heures. Une bonne douche bien chaude et gros dodo. Bonne nuit les amis.

5 réponses à « Route 55 et Galdhoppigen »

    1. Merci je viens de corriger mes erreurs et consultant mon calendrier j’ai vu que nous étions mercredi 19 juin. Je me croyais mardi. Cela faitdonc un mois passé que je quittais ma maison.

  1. Je suis triste pour toi. Tu n’est pas gâtée par la météo ! Heureusement que le spectacle, lui, est au rendez-vous !!! Ici aussi le temps est très changeant : pluie, grisaille, fraîcheur puis soudain soleil et douceur. Pose toi un peu. Le sciatique c’est la voiture sans doute ? Bisous tit’soeur.

    1. Non non ne sois pas triste M’Annick. Cela fait également partie du pays. Et cela m’interroge toujours sur la philosophie de vie des norvégiens.
      La sciatique c’est sur c’est ma voiture et la glacière qui est dans le dos de mon siège. Depuis j’ai mieux aménagé cela et ça va beaucoup mieux.
      Et puis on ne marche pas assez le soir arrivé au camp. La pluie ne me donne pas envie. Dès que je peux pour Lison je fais une petite marche pour lui faire plaisir. Elle est toujours aussi mignonne. Là elle vient de me faire comprendre qu’elle avait envie de manger … Alors sitôt ce message posté, je m’occupe d’elle.
      Tu dois être à préparer ta caravane pour un départ imminent. J’espère que vous aurez du soleil. De la fraîcheur aussi car c’est assez haut quand même.
      Gros bisous M’Annick.

  2. Je te lis, je découvre tes photos toujours aussi belles …. je suis heureuse. Puis tout à coup je sens dans ton écriture un moral en berne. On ne le serait à moins avec cette météo qui te suit. Que dire? nous qui sommes si loin de toi. Reste un peu dans un camping pour y trouver de la chaleur humaine à défaut de chaleur solaire.
    Je t embrasse toujours aussi tendrement
    Chrystele

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