Ah les amis quelle journée ! De Roldal, où je campais encore ce matin, à Odda, où je suis installée ce soir, il y a moins de 30 kilomètres par la route la plus rapide. Et bien j’en ai faits 200 exactement. Mais quel spectacle permanent !


Le temps n’a pas été ensoleillé mais il n’a pas plu. Il y a même eu quelques percées de lumière au creux des nuages. J’ai donc quitté le camp, comme prévu et me suis offert une boucle qui m’a permis de passer successivement par trois vallées aux tonalités bien différentes. En partant de Roldal, je suis montée à 800 mètres d’altitude en une trentaine de kilomètres. Les montons déambulaient sur une route qui commençait déjà à changer de couleurs, virant du vert sombre au brun.

Mais plus je montais et plus les rocs se substituaient à l’herbe. Et en haut du col quel spectacle ! Voyez plutôt.





Et puis je suis redescendue pour retrouver les fjords, les villages et leurs églises, leurs aplombs et leurs berges fleuris, les lacs paisibles.




Puis la route a viré sur la droite et je suis remontée vers le nord en prenant plusieurs tunels dont un de 7410 mètres ! Oui, oui je l’ai fait : mon premier tunel de près de 8 km. J’étais un peu stressée, surtout quand je me suis engouffrée. En fait j’avais peur d’avoir peur. C’est bête ! Quand on y est, impossible de faire demi tour. Le tunel est trop étroit, il faut rouler, c’est tout … Mais le fait de voir afficher tous les kilomètres la distance restant à parcourir permet de relativiser. Plus que cinq, plus que quatre, plus que trois, tient ça y est c’est déjà fini ! Il y en aura d’autres, de plus importants encore. Mais c’est la première fois que j’en trouve un si long, il m’a permi de savoir que je pouvais le faire sans trop ressentir le sentiment d’étouffement.
Après la succession des tunnels, une vallée aux cascades époustouflantes qui font d’ailleurs sa renommée. Quand on passe au pied la voiture se fait rincer et on est dans un nuage de vapeur d’eau. J’en ai croisé trois dont le volume d’eau brassée allait crechendo. Là dernière m’a beaucoup impressionnée. Je suis restée à contempler le spectacle, époustouflée par la puissance du courant et la beauté violente du spectacle et du bruit. J’ai espéré le rayon de soleil, à défaut l’arc en ciel mais les éléments se sont abstenus. Gavarnie, bof, c’est ridicule à côté.



Et toute cette eau douce descendue des glaciers se mélange à l’eau saumâtre des fjords, avant d’aller se noyer dans la mer du Nord. Il est impossible ici de ne pas se sentir un maillon vulnérable de cette nature gigantesque. Il y a quelque chose en moi comme une mélancolie qui frissonne. Nous sommes, humains, si peu et nous nous pensons si grands, jusqu’à détruire ces ressources de la terre, de l’eau et du ciel desquelles pourtant nous tenons la vie. J’ai appris que les écologistes avaient fait un bon score aux européennes. Tant mieux, c’est un signal fort mais certainement insuffisant. Ici la nature se fiche bien du sort des hommes. D’ailleurs la pluie s’est remise à tomber, ce qui n’est pas bon pour mes projets de demain. Toutes ces photos seraient tellement plus belles sous un coin de ciel bleu !
Eh oui les écologistes ont fait un bon score. Au Pallet, ils sont même passés en tête! !!! Sur France inter, ils ont cité cette ville en exemple!
Si la nature se fiche bien des hommes, il y a des hommes qui ne se fichent pas de la nature. Espérance. ….
Bisous
Ah ah ah, mort de rire, le Pallet sur France Inter. Le Pallet ou Le Palais ? A mon avis c’est la dame aux coquelicots qui a fait changer la tendance.
J’ai failli te croire.
Si c’est vrai donne le jour et l’heure s’il te plait Chrystèle.
Et pendant ce temps-là des cascades d’eau me tombent sur la tête enfin sur la carlingue du Berlingo.
Je t’embrasse fort Chrystèle. Merci pour tes messages. Bonne nuit …