Chacun sait ou pas qu’un cabinet de curiosités était une petite pièce où étaient entreposées des choses rares et singulières. Mais le cabinet dont je vais parler ici, quoique très curieux, ne va pas évoquer la même chose.
Ce midi, pause déjeuner dans un espace naturel aménagé en parc avec tables et bancs en bois pour faciliter l’installation des familles, les hommes s’affairant autour du barbecue en pierres et évaluant si la viande est à point. Pour moi, pas de barbecue mais un sandwich jambon dégusté avec plaisir. Petite promenade le long du torrent pour le plus grand plaisir de Lison qui a eu maintes fois des hauts le coeur avec les 23 virages qu’il a fallu passer pour atteindre l’endroit, lorsque j’aperçois sur une fléche indiquant une direction la mention : WC.
Ça ne manque pas de charme, de loin on dirait une petite maison toute en bois, je m’en approche. Sur la porte d’entrée, tenue solidement ouverte par une chaînette en fer, un conseil est rédigé, en italien bien sûr. Sans doute conseille-t-on de la laisser ouverte pour signaler la disponibilite du lieu. Je cherche donc à fermer cette porte non sans qelques difficultés pour défaire la chaîne afin de signaler ma présence. Dans la première pièce, très propre, il y a un lavabo, du savon liquide, un énorme rouleau de papier Sopalin, une poubelle. Il faut passer et fermer une seconde porte pour accéder aux toilettes proprement dites. Une fraction de pensée, je me dis qu’il était finalement inutile de fermer la première porte, la seconde suffisait. Mais bon, je m’affaire à mes besoins, si je puis dire.
En sortant je profite du lavabo, du savon liquide à l’odeur très agréable, du Sopalin sur lequel une inscription doit dire, j’imagine, « merci de ne pas m’emporter avec vous » ou quelque phrase signifiant l’idée. Lison est restée sagement assise dans cette pièce, elle attend que j’ouvre la porte pour retourner gambader dans l’herbe. Mais c’est là que la chose curieuse se produit. Je voudrais bien nous sortir de là mais la porte ne veut pas s’ouvrir.
Je tourne la poignée dans tous les sens, je secoue la porte, je tambourine espérant que quelqu’un aura une envie de cabinet et viendra à mon secours. La porte ne veut pas céder et personne n’entend mes coups de poings dans le bois. Nous sommes belle et bien enfermées ! Il me faut quelques secondes pour réaliser qu’il y a une fenêtre dans la pièce des toilettes. J’arrive à l’ouvrir, j’appelle à l’aide mais les familles attablées à rire et boustifailler sont trop loin pour m’entendre. Je réalise que ma seule issue c’est de passer par la fenêtre. Par chance il y a une boîte en plastique qui va me servir de socle pour atteindre l’embrasure placée très haut. Lison me regarde inquiète et je le suis aussi, car rien ne dit que je vais pouvoir r’ouvrir cette porte depuis l’extérieur et je ne peux pas prendre Lison dans mes bras car je vais devoir m’accrocher au chambranle pour sauter dehors. Tant pis, sans réfléchir d’avantage je grimpe, je m’accroche, je saute et me voilà libérée, moi oui, mais Lison ?
Je secoue la porte, je tourne cette fichue poignée, je tire, je pousse, rien à faire. L’inquiétude gagne. Je me resaisis, respire profondément, caresse gentillement la poignée et la porte s’ouvre !
Je vous laisse deviner ma méprise et la signification réelle de la consigne mentionnée sur cette maudite porte. « Per favore lasciate quosta porta aperta » ( merci de laisser cette porte ouverte … ). Et bien moi cette aventure elle ne m’a pas fait rire du tout, mais pas du tout … enfin sur le moment ….
Tu n’as pas de chance avec les sanitaires !!! Après la douche à l’italienne, des soucis de porte 😄
Mais quelle sportive tu es !!!
Bonne continuation et continue de nous réjouir 😀
Les sanitaires en plus me valent une écharpe entre ongle et doigt. J’avoue que je raméne quelques souvenirs corporés. Mais alors plein les mirettes de souvenirs !