J’ai été un peu sévère hier dans mon post sur Florence. La fatigue accumulée et la chaleur humide de la ville ont suffi à rabattre mon humeur. Je me dois absolument de compléter mon impression. Florence évidemment doit être visitée quand on vient en Italie. Me revient cette réplique célèbre dans le tout aussi célèbre film « Hiroshima mon amour ». « j’ai tout vu à Hiroshima, dit-elle. Tu n’as rien vu à Hiroshima, répond-il ».

Je n’avais rien vu de Florence avant hier soir. Cet enthousiasme de centaines de rêveurs qui viennent attendre le dernier rayon de soleil sur Firenze, e bellissima, assis sur les marches de la piazzale Michelangelo. Je ne pouvais pas quitter Florence sans me fondre dans la masse de ces inconnus attentifs aux effets du soleil couchant sur la ville. Et là, naît une émotion incontrôlable. On se surprend à regretter de quitter déjà cette merveilleuse ville grouillante de vie et d’admirateurs. Une réplique en bronze du David de Michel-Ange offre sa superbe nudité au badauds comme pour inviter au dévoilement du coeur en suivant son regard tourné vers la ville à ses pieds.

Alors on fait comme tous ces curieux assis sur les marches en pierre de l’esplanade, on s’assoit et on attend que la magie opère. On embrasse d’un regard tous les monuments que l’on a découverts le matin. On réalise qu’on a devant soi 700 ans d’histoire qui attendent paisiblement qu’on vienne là pour comprendre le désir des hommes à honorer leur Dieu, l’acharnement des princes à bâtir leur royaume, le génie des artistes à construire, à sculpter, à peindre.



C’est en visitant le musée d’Orsay avec M’Annick que j’ai compris intimement que la Culture n’est pas innée, elle s’acquiert. Si je n’avais pas eu le guide audio pour décrypter l’importance novatrice de l’oeuvre du Tintoret, je n’aurais jamais compris pourquoi ses sombres tableaux faisaient de l’artiste un génie. C’est ce qui m’a manqué à Florence : un guide pour comprendre. Il aura fallu la foule de ces anonymes et le buste dénudé de David pour que mes yeux s’ouvrent et que mon esprit perçoive ce que le matin je n’avais pas saisis. Je devais impérativement rendre à Florence tout son mystère et sa beauté.