Finisterra


Espagne / mercredi, juin 8th, 2022

Dix heures trente du matin, confortablement installée dans le Berlingo sur ce qui me sert à la fois de table de déjeuner et de support de travail. La pluie fine mais pénétrante ne m’incite guère à randonner. Quelques mètres en contrebas, le roulis des vagues sur le sable doré suffit à m’offrir la sérénité de l’instant. Petit-déjeuner englouti, jus frais d’ananas et de noix de coco, pain, marmelade de fraise, café, un seul désir ce matin, 8 juin 2022, profiter de l’instant, simplement. Nous avons eu le temps de vaquer à nos occupations matinales et Lison, ventre plein et soulagée, s’est rendormie sans crainte. Elle a compris que l’agitation habituelle des départs n’aurait pas lieu ce mercredi, les portes du véhicule sont refermées, maîtresse s’est installée devant son clavier, Chopin joue le concerto numéro 2 pour piano, tout est calme. Repos !

21h30, à nouveau devant mon clavier, assise face à ma tablette pour compléter ma journée.
La pluie ayant cessé vers 13 h, je me suis décidée à quitter le camp après déjeuner.
Magnifiques promenades sur les pointes extrêmes, ouest de la Galice. Les villages et leurs maisons colorées ou délabrées, les routes sinueuses traversant les prairies ou les forêts d’eucalyptus, les ports enclavés le long de cette côte déchirée, la bien nommée Costa da Morte. Alternance continuelle de brume et de rayons de soleil. Je m’accoutume à ce climat changeant typique des pays celtiques, semble-t-il, jusqu’à lui trouver un certain charme, contrairement aux villages qui n’en ont aucun. Les touristes suisses, belges ou allemands avec lesquels nous échangeons, partagent cette même impression. Pour donner un peu de saveur à mes sorties en ville, je me suis décidée à prendre en photo les maisons et leurs couleurs improbables. Quand j’en aurai sufisamment collectées, je vous partagerais ces drôleries.

D’un phare à l’autre, d’une pointe à la suivante, les mêmes déchirures et cette écume cent mètres en contrebas qui frappe les rochers violemment. C’est beau, c’est sauvage, on reste muet devant ce spectacle vivant hypnotique. La mer est cette flamme bleue qui emporte loin au large la pensée, vers des rivages inconnus. Finisterra est la terre du continent européen la plus avancée dans l’océan atlantique.

Et puis il y a ces improbables marcheurs qui avancent les uns à la suite des autres sur les chemins piétonniers qui longent directement la falaise le long de la route réservée aux voitures. La coquille du chemin de Saint Jacques est ici partout présente. C’est probablement ce qui explique ces routes dédiées aux piétons.

Certains ont le dos chargé du lourd sac qui les accompagne depuis Porto, Madrid ou plus loin encore, via Santiago jusqu’à cette terre du bout du monde. Dans une machine à sous, trois jeunes femmes introduisent chacune à leur tour des pièces de monnaie. On tourne ensuite une manivelle plusieurs fois et l’on gagne une précieuse médaille à l’effigie de Saint Jacques ou de la Galice. C’est très amusant, ça fait beaucoup rire et surtout reposant après avoir parcouru, la sueur au front, des kilomètres de pélérinage. Car malgré la fraicheur, il fait très lourd ici. Cet après-midi par exemple, mon thermomètre indiquait 22 degés et 90% d’humidité alors qu’il ne pleuvait pas !

Sur le chemin du retour, je me suis arrêtée prendre en photo un de ces greniers à maïs en granit appelés « horreo ». Montés sur de drôles de pilliers qui ressemblent à des champignons géants, pour protéger les graines des rongeurs, ils sont typiques de la région. On en voit partout. Chaque jardin semble en posséder un. Celui-ci valait vraiment la peine que je m’arrête l’immortaliser.

Enfin pour achever cette journée, promenade sur la plage au pied du camping dans les teintes de gris bleutés fendues à l’horizon par le dernier rayon du soleil. Paysage dont je profite assise dans mon relax et dont il est impossible de se lasser. Demain, direction Santiago De Compostela ! Je ne pousserai pas plus bas sur la côte galicienne : aperçue de la côte Finisterra, elle semble une succession de plages et de villages posés sur leurs rochers. C’est certainement joli mais des envies de Portugal ont ressurgi après avoir bavardé en anglais avec une allemande de Stuttgart. Je suis trop près pour ne pas tenter le déplacement ….

4 réponses à « Finisterra »

  1. Tu sais Béa qu’arrivant à Clsson, j’ai découvert que j’habitais juste à côté du sentier de Compostelle. Enfin à côté d’un des nombreux chemins. La coquille autour de mon village est partout. Pas trop dépaysée donc. La sarthoise dont je parlais hier a fait quatre chemins de Compostelle. Quel courage moi je ne m’y verrais pas. J’imagine l’émotion qui s’empare des pélerins quand ils arrivent enfin à la Cathédrale, objet de tous leurs efforts. Par contre voir la cathédrale de Saint Jacques de Compostelle wouah ! Etes-vous venus jusqu’ici avec Pierre ?

  2. Toujours aussi splendides tes prises de vues ! Je m’y crois dans ces paysages et reste de longues secondes en contemplation. Comme tu dois t’y sentir bien ! Dommage que le ciel ne veuille pas s’illuminer davantage.
    En Loire Atlantique, la perturbation est également bien présente et le soleil n’est pas au rendez-vous, qui l’eu crû en mai ?
    Belle poursuite à Toi tit’soeur.

    1. Oui c’est vrai la météo n’a pas été favorable sur cette partie pourtant très sauvage de la Galice. Le contrate des bleus mer/ ciel et des rochers ça aurait été magnifique. Mais par contre à Compostelle le soleil était de retour. Quoiqu’il en soit, je n’ai pas aussi froid qu’en Norvège ça c’est top ! Et attendre le beau temps est risqué 🙂

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