Il faut convenir une fois pour toutes que les passions tristes ne l’emporteront pas. Ce n’est ni la peur tétanisante ni la plainte inutile qui nous font avancer dans la vie. C’est un désir d’en découdre avec les difficultés et les peurs irrationnelles pour atteindre un objectif, qui par sa réalisation, nous fait connaître la joie.
Après une quasi journée sur la route, sous une pluie intense, suis arrivée ce soir sur la même latitude qu’il y a exactement quatre semaines. J’entrais sous le soleil en Ecosse par l’est, le dimanche 28 mai (merci Chrystèle qui m’a permi de rectifier la date) et je suis sortie d’Ecosse par l’ouest, le dimanche 25 juin sous la pluie. L’esprit un peu dans l’eau également, le voyage s’achève.
Après deux nuits en camping sauvage, je décide de trouver pour cette nuit un lieu d’accueil chaleureux équipé en sanitaires. Il faut dire qu’avant-hier j’ai peu dormi le long du Loch Lomond. Nous étions quatre véhicules dont mon tout petit Berlingo. Toute la nuit de grosses gouttes d’eau ont fait le vacarme sur la carroserie. Les boules Quies ne suffisaient pas pour assourdir le claquement métallique de la pluie. Ma nuit de vendredi à samedi avait donc été chahuttée. Hier soir la gérante du camping que j’avais choisi à Culzean, m’annonce, chiffres noirs sur papier blanc, 53 £ la nuitée. Quelques centaines de mètres plus loin, un terre-plein à l’écart de la route a fait mon bonheur vous avez vu les photos postées hier. Néanmoins, la fatigue ne m’avait pas rendue courageuse pour écrire sur ce blog.
Bref, ce soir je me mets en quête d’un camping. J’en localise un, très simple. La patronne m’annonce 25 £. Je ne sais pas pourquoi mais je n’étais pas décidée à mettre ce prix là compte-tenu du type de camping. Je formule mes excuses, explique que je trouve un peu cher, qu’en Ecosse du nord je payais 11 à 15 £ … qu’on me comptait comme une tente … Je m’appête à quitter le camp, la dame me rattrape et me raconte l’histoire d’une femme qui dormait dans sa voiture seule, sur un parking et qui s’est faite dévalisée : plus d’essence, pneus crevés, plus de papiers ni d’argent …. Quelles sont ses motivations à me raconter cela ? Espère-t-elle me faire peur et me décider à rester dans son camping ? Je formule un « I’m not afraid ». Elle en rajoute que je ne comprends pas et tant mieux. Je dis « Thank you, c’est l’usage, bye », et je tourne à droite en prenant bien sûr la file de gauche. Malgré ma hardiesse affichée, elle a réussi à semer la confusion dans mon esprit. L’Angleterre serait-elle moins sécure que l’Ecosse ? Il y-t-il dans cette région plus de délinquance qu’ailleurs ? Il me faut quelques minutes pour me décider à chercher un autre camping. Le second n’est guère mieux. Le troisième encore pire.
Finalement avec une application que j’apprécie énormément, Park4Night, je décide de suivre les recommandations des vacanciers pour un camping à la ferme. La route part dans tous les sens, à droite, à gauche, encore 5 miles et tourne et vire, il pleut … J’arrive finalement dans un coin totalement perdu mais je suis fatiguée et prête à toutes les concessions. 10 £ c’est le prix à payer pour bénéficier de toilettes, d’une douche bien chaude, d’un coin pour laver la vaiselle, d’un accueil très chaleureux et d’un cadre calme avec jolie vue. Ma décision de ne pas céder à la peur inoculée par cette dame du camping à 25 £ et de poursuivre ma quête d’un lieu pour passer ma nuit en sécurité et avec toutes les commodités, confirme ce que je disais en introduction. CQFD
Quant à mon vague à l’âme en quittant l’Ecosse, je l’ai vite remplacé par la joie encore très présente et ressentie tout au long de ce périple. J’ai fait une merveillaux voyage mes amis. J’ai douté de venir visiter cette région d’Europe et finalement j’ai écouté mon désir. Il m’en a coûté, dans tous les sens du terme mais rien d’essentiel dans cette vie ne s’acquiert sans contribuer d’une manière ou d’une autre.
Après quelques heures d’acalmie, la pluie est de retour … comme moi dans quelques jours.


Quant à ma journée elle a commencé avec une belle balade en bord de mer, non loin du château de Culzean. Puis direction, plus au sud et en traversant une campagne montagneuse, sous la pluie, direction le château de Drumlanring. Il était fermé, je n’ai pas compris pourquoi, le guide annonçant une ouverture tous les jours à cette saison.





Bravo Monique. Je fuis bien d’accord avec toi. Je te connais courageuse et tenace. je suis content de voir que tu as trouvé un endroit sécurisé comme tu le souhaitais. Ton retour sera peut-être l’occasion pour nous de nous revoir. Nous projetons avec la petite famille d’aller en Ecosse l’année prochaine. Tu nous guiderai. J’ai grandement apprécié la lecture et les photos. Pour moi l’occasion de te dire que ton écriture est très agréable. Les anecdotes, les moments difficiles. On ne retient que le positif. C’est plaisant.
Noelle et moi t’embrassons bien fort. Prudence pour le retour.