De très beaux points de vue aujourd’hui encore. Évitant à tous prix les autoroutes, je suis contrainte d’emprunter les nationales qui montent et descendent, tournificotent dans tous les sens et permettent de découvrir les paysages sauvages de l’arrière pays portugais. C’est plus long en kilomètres, beaucoup moins rapide en temps mais à qui envisage découvrir le Portugal, c’est l’idéal.


Avant de quitter ce pays, qui ne m’a absolument pas donné envie d’y revenir, je voudrais vous conter mes désaventures. La première concerne justement les autoroutes. J’avais lu dans le guide du Routard que les emprunter s’avérait « complexe ». Car le système de péage n’est pas partout le même, tantôt paiement au ticket, ailleurs système électronique, parfois les deux. Bref je demande à Maps d’éviter les péages mais malheureusement il y en a ici partout, entre toutes les villes, même les plus petites, les éviter s’avère un vrai défi !

Et me voilà embarquée malgré ma configuration de Maps sur l’autoroute entre Guimaraes et Braga. Je me rends compte de mon erreur, trop tard. Je circule 3 à 4 km quand j’arrive à la première barrière de péage. Je ralentis et prends la file la plus à droite espérant que cette autoroute est à paiement au ticket. La barrière est levée, le feu est vert, la machine ne propose aucun ticket. Je me dis que j’ai de la chance cette portion est gratuite … je roule une vingtaine de kilomètres méfiante néanmoins, car Routard à dit : Portugal autoroutes payantes. Nouveau péage. Mais cette fois, la barrière est baissée, visiblement on me réclame quelque chose. Je cherche à introduire ma carte, refus. Je cherche à introduire des pièces, refus. Un bouton d’appel me signale que je peux probablement entrer en relation avec quelqu’un. J’appuie. « Do you speak french ? English ? » Une voix d’homme me répond avec un fort accent, en anglais je suppose. Je ne comprends rien de ce qu’il m’annonce. Je demande comment je dois payer, et combien : « How much please, je répète plusieurs fois ? » l’autre me parle « green …. , next time, … , green have you undestrand ? » Non je n’ai rien understand du tout et why je devrais payer 22,80 €, pour 20 km depuis Guimaraes. In France when it is opened and green it is free. Un ticket s’imprime et je vois le prix s’afficher, exorbitant pour 20 km, au même moment la barrière se lève et l’autre insiste : « next time, … take green, ok ?. » « Yes, thank you very much, green, ok » j’y réponds et me voila repartie sur les nationales portugaises.
Que fallait-il comprendre, que le gardien au péage m’avait fait une fleur en me laissant passer gratis ? Certainement pas m’expliquent des français qui se sont fait attraper de la même manière que moi. On a huit jours pour s’acquitter de la facture et au bon endroit s’il vous-plaît. Une poste apparemment, enseigne rouge et blanche, CTT. En quittant le camping de Vila Real je me fais expliquer où se trouve CTT. Plein centre ville, impossible de se stationner, mais ajoute mon interlocutrice vous pouvez payer dans n’importe quelle poste.

Sur la route, je trouve enfin un bureau de poste, ouf ! Je passe les détails et explications pour arriver à cette étape… Zut, fermé. Je décide d’attendre son ouverture, pas question de quitter le Portugal sans régler ma dette. Nous sommes six à attendre avec un seul guichetier, ça ne vous rappelle rien … J’ai mon ticket, encore un, j’attends patiemment de me trouver face au guichetier. Charmant il m’explique dans un anglais que je comprends cette fois que je n’ai rien à payer, c’est une facture, c’est réglé. Are you sure ? Yes. Ok thank you Sir, bye.
Un doute subsiste : recevrais-je dans six mois, dans un an, une contravention, gendarmes venant en personne me la délivrer, dont le montant sera le double ou le triple des 22,80 euros pour 20 kilomètres d’autorouste portugaise empruntée à tort. Car méfiance, au Portugal si le feu est vert et la barrière levée au péage autoroutier vous ne pouvez passer que si vous êtes pré-enregistré sur un site type PortugalTolls.com. Sinon c’est l’amende ! Bien joué pour les millions de touristes qui se font avoir. En y réfléchissant je n’ai pas du entendre la négation dans le conseil insistant que me prodigait l’bomme-barrière : « next time don’t take the green, ok ? » Ok Sir, ni green ni jamais plus d’autoroute portugaise.
Demain il sera temps de vous parler d’une autre mésaventure, relative aux campings cette fois.

Parmi les bonheurs du jour et les paysages ouverts sur l’horizon lointain, traverser à pied un village embaumé par les tilleuls en fleurs. Parfum suave autant que délicat que je voudrais capturer dans un flacon pour vous le partager à mon retour.
