Santiago


Espagne / samedi, juin 11th, 2022

Vendredi matin donc, je suis partie matinale vers le centre ville, à pied, seule. Quel plaisir j’ai pris ! Car Santiago est vraiment une très belle ville, la seule qui vaille la peine d’y passer du temps et d’y revenir. La seule également qui restera dans mon souvenir pour ce voyage. Enfin dans l’immédiat. Ruelles étroites, maisons superbement mises en valeur, multiples commerces qui donnent envie de lécher les vitrines, porches, arches, églises, on se croirait soudain télétransporté dans une ville italienne de Toscane.

Le centre historique de Saint Jacques de Compostelle est très accidenté mais ce n’est pas très grand et j’ai eu vite fait de me repérer dans les multiples ruelles et les nombreuses places et églises jusqu’à m’approcher en déambulant tranquillement vers la pièce maîtresse de Santiago : sa cathédrale érigée en l’honneur de Saint Jaques. J’étais déjà entrée dans deux églises, mais alors celle-ci : wouah ! ou whoua ou wouha, comme vous voudrez. Quelle merveille !

Des églises ill y en a à tous les coins de rue, pour Saint François, pour Saint Augustin, pour La Madone, monastère, collégiale et bien sûr pour Saint Jacques. Je suis athée et je ne crois pas en l’existence de Dieu, encore moins au pouvoir rédompteur des églises et des religions, même si je comprends qu’on puisse y croire, puisque moi-même il y a bien longtemps je partageais cette conviction. Néanmoins, j’ai été saisie d’émotion pénétrant sous les hauts pilliers de la cathédrale érigée pour Saint Jacques et face au coeur somptueux et impressionnant des dorures. Il se dégage quelque chose de hautement spirituel.

Une très belle réalisation dont la hauteur de voûtes nous rend ridiculement petits et qui fait marcher des millions de pélerins chaque année venant des quatre coins d’Europe. Pour ajouter à mon trouble, deux femmes à la voix mélodieuse chantaient en coeur, avec délicatesse pour que les quelques personnes qui les entouraient puissent bénéficier du timbre harmonieux de leur joli canon, espagnol j’imagine. A la gloire de Saint jacques ? Je ne saurais dire. Dans cette ambiance favorable au recueillement mes yeux se sont embués. Comment la foi des hommes leur a-t-elle donné le courage de bâtir un tel édifice ? Je vous laisse admirer la splendeur de cette cathédrale qu’il faut visiter dans sa vie comme Saint Pierre de Rome.

L’après-midi, pour la troisième fois je suis retournée au centre de Santiago, cette fois avec Lison. J’ai réussi à trouver une place de parking qui nous a approchées un peu de la cathédrale. Il faisait à nouveau très chaud. Par précaution, avant de quitter la voiture, j’ai demandé à Maps de conserver une trace de l’emplacement où je stationnais le Berlingo et nous sommes parties déambuler dans le vieux centre ville.

Se promener dans les ruelles commerçantes, toutes piétonnières, longer les belles demeures, croiser les marcheurs enjoués d’être arrivés au terme de leur défi est vraiment agréable. Les livreurs poussent de lourds chariots pour approvisonner bars et commerçants, aucun véhicule n’étant autorisé. On se prend en photo, on écoute le guide, on parle haut et fort, le coeur de ville appartient aux badauds qui flânent et traînent leur bâton de pélerin. Sur une placette, un groupe de musiciens jouaient des airs galiciens avec cornemuse. C’est le seul groupe que j’ai croisé dans mon voyage.

En cliquant sur le lien d’écoute c’est comme si vous aviez été là !

Pour revenir je me suis fiée à Maps et n’est pas emprunté le même chemin, du reste j’avais tellement tourné, viré, monté, descendu que j’aurais été incapable de reprendre exactement les mêmes rues. Et nous sommes arrivées « rua de Lisboa » où était censée se trouver la voiture, je ne pouvais pas avoir oublié l’adresse. Au croisement, j’ai remonté la rue jusqu’en haut mais point de voiture … Maps aurait-il commis un erreur ? Et dans cette perspective j’ai commencé à me stresser ? Y avait-il plusieurs rues de Lisboa ? Comment retrouver ma voiture dans une ville aux mille et une circonvolutions quand on la croit à un endroit précis et qu’elle n’y est pas ? Je me suis adressée à un jeune homme qui parlait anglais avec le même niveau de connaissances que le mien et j’ai réussi à comprendre que la rue était très longue. Je venais de la remonter alors que probablement j’aurais du la descendre. Nous nous sommes remis en route en sens inverse, sur au moins 500 mètres, point de Berlingo. J’ai pensé à vous mes ami.e.s qui tous un jour avez eu du mal à localiser votre véhicule stationné dans une ville étrangère. De loin j’ai aperçu la galerie d’un véhicule blanc, je me suis dit, que peut-être c’était le mien. A quelques pas j’ai actionné la clé et les feux se sont mis à clignoter. Ouf, elle me reconnaissait ! Dans une ville que l’on ne connait pas, toujours enregistrer un indicateur de positionnement de son véhicule. Imaginez un étranger stationné boulevard Camus à Nantes et tenter de la retrouver après avoir circonvolutionné dans le centre ville …. Sans commentaire !

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