Picos de Europa


Espagne / dimanche, mai 29th, 2022

Ce matin, en prenant la direction de Fuente De, j’imaginais déjà comment allait démarrer cette page : « Wouah ! ». Seule expression qui me venait en conduisant pour décrire le paysage qui devait se développer sous mes yeux. Comme à mon habitude, j’ai quitté le camping vers dix heures après avoir préparé le pique-nique du déjeuner. L’objectif était de randonner sur le haut plateau des Picos de Europa que l’on atteint depuis Fuente De, cul-de sac dont le seul intérêt est de nous élever, grâce à son téléphérique qui nous monte à 2 000 mètres, vers l’enchantement des sommets.

Je stationne facilement sur le parking dédié aux voitures puis me dirige vers les caisses qui permettent l’accès à la cabine du téléphérique. La file d’attente n’est pas très longue et je constate un départ toutes les cinq minutes environ. Onze euros l’aller-retour. De toutes façons nous n’avons pas le choix, d’ici aucun sentier ne conduit vers les sommets. « One person and a little dog please ». Elle me répond en espagnol, me montrant un panneau qui indique, trait barré à l’appui, que les chiens ne sont pas admis. J’explique en mauvais anglais que j’ai un sac pour la porter contre moi. Elle ne comprend rien de mes explications, – j’en arrive à penser que les écoles espagnoles n’enseignent pas les langues étrangères – mais au ton de sa voix, c’est clair, non, nom d’un chien, non, les toutous ne sont pas admis. « Do you can keep it ? » Elle se fiche de ma raillerie, elle ne comprend pas mon anglais …

En me retirant de très mauvaise humeur de la file et en un éclair de temps je me demande si je vais bouffer ce soir du toutou grillé aux petits oignons, une mitonnée de pieds de toutou à la tomate ou de la tête de chien sauce gribiche, à moins que je ne la jette du haut d’un pont dans l’eau glacée. Un instant seulement, j’y songe, car la petite Lison n’est pas responsable des règlements absurdes des humains.

Il n’y aura pas de « wouah », ni de « oh », je ne les aurais pas vus ces pics classés au patrimoine mondial de l’Unesco que j’avais pourtant tellement envie d’ajouter à la liste de mes merveilles puisque « à ne manquer sous aucun prétexte » précisait le guide. A savoir que pour me rendre à Fuente De j’aurai parcouru 50 km aller-retour pour me trouver dans un cul-de-sac avec rien d’autre comme panorama que les photos ci-jointes. Bon ok, c’est pas si mal, mais les sommets enneigés de la chaîne de montagnes la plus spectaculaire du coin et la mer vue de la haut … avouez que ça aurait été autre chose.

Finalement j’ai mangé mes sardines à la tomate, mon pain et ma compote, déçue quand même. Tu parles d’une fête des mères que mon fils m’a souhaitée ce matin ! La météo du jour était magnifique et de là-haut la vue devait être superbe. J’avais bien étudié ma carte IGN hier soir et je savais quel sentier j’allais empruner. Le problème c’est que pour y accéder aux sentiers, il fallait avoir pris le téléphérique ! De colère, j’ai même imaginé un incident de téléphérique ( j’ai écrit incident … ) qui aurait paralysé les touristes pendant toute la journée. Un beau téléphérique tout flambant neuf. Et moi au pied à pester.

Tout l’après-midi j’ai tenté d’identifier une voie par laquelle je pourrais quand-même apercevoir un soupçon de quelque chose. Il a fallu me résoudre. Ces hautes murailles rocheuses se dressent entre nous et les pics d’Europe qui restent bien protégés du regard. Finalement je les aperçois mieux du camping.
Comme l’après-midi s’est rapidement terminé, j’en ai profité pour un lot de consolation en visitant les ruelles de Potes, charmante ville dominée par les montagnes, et en lèchant une glace assise sur un banc à l’ombre. Petit lot on est d’accord ….

Sur le retour j’ai déniché un plateau d’où on n’aperçoit toujours pas les fameux pics mais avec néanmoins un joli panorama sur la vallée.
Pas de piscine ce soir, le temps s’est couvert et au loin j’entends vaguement quelques coups de tonnerre. Pas de ragout de chien au dîner non plus, pauvre petite Lison, elle endure la chaleur de la voiture, les virages serrés des lacets, mes arrêts constants pour « photo », mes marches hasardeuses sur des sentiers couverts de piquants et elle reste bien sagement allongée dans l’herbe à mes pieds sans se douter du festin que je m’apprêtais à faire. Je vous souhaite à vous autres un bon appétit …

3 réponses à « Picos de Europa »

  1. Oh, quelle déception ça a dû être… La rigidité de règles uniformes et sourdes à toute casuistique. On dirait l’Etat français, hi hi. N’empêche, c’est déjà très joli vu d’en bas. Belle leçon de stoïcisme et de sagesse imposée dans cette journée.
    En Ardèche, les chiens sont admis partout 🙂

    1. En réponse à Sébastien
      Oui j’ai été très déçue sur le coup, mais le lendemain, comme tu l’auras lu, une balade m’a permis d’avoir une belle perspective sur les pics. Quant à Lison, même en France je suis souvent restreinte : en bord de mer de nombreux sentiers côtiers ou plages leurs sont interdits. Dnas les parcs nationaux également. Les Pics sont dans un parc classé…. Je pense que c’est la raison essentielle de leur interdiction. Ma petite Lison m’apprend beaucoup et je demeure persuadée que vivre avec un animal nous apprend à devenir meilleur. Vive l’Ardèche et son bien-vivre 🙂

  2. Vous vous doutez bien que jamais je n’ai imaginé arranger Lison avec des pommes de terre et des oignons ! QUOIQUE :-))

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