La préparation du voyage n’est jamais anodine. Des semaines en amont, je décide de la destination, m’enquiers des cartes topographiques, guides et sites internet qui me permettent de décider d’un itinéraire. Pas question d’esquiver un lieu qui « vaudrait vraiment le détour ». L’hiver 2020 mon choix s’orientait vers le Portugal. Après les frimas enneigés de la Norvège l’été 2019, je souhaitais des plages de sable blond baignées de soleil. En avril, j’ai réalisé que ma destination principale se réduirait aux quelques arpents du jardin fleuri qui entoure ma maison. Pas de sortie à l’étranger autorisée cet été là ! Toujours partie seule pour de longs périples, j’allais partager mes courtes itinérances avec mes amies et ma soeur : Bénodet en juin, Lille en Août, l’île d’Yeu en septembre. Déambulations urbaines et balades maritimes qui m’ont pourtant permis d’engranger de beaux souvenirs.
2021, destination non envisageable vers le Portugal dont les frontières restent fermées aux touristes même européens. Je décidai un périple dans le sud-est de la France, après un arrêt de quelques jours en Ardèche. En prime la majesté sauvage des hauts plateaux du Vercors. Printemps 2022, trois vaccinations plus tard, je pouvais enfin imaginer le Douro et l’Algarve comme terres d’errance et de découverte. Les vignes et les plages m’attendaient depuis deux ans. Ma résolution prise, j’ai réouvert cartes et guides pour m’imprégner des routes qui serpentent dans le Haut Douro, la descente vers le sud, la remontée des villes colorées, la sortie vers la Galice. Les post-it insérés dans les guides fluotés garantissaient un beau voyage.
C’était sans compter sur le fait que M’Annick allait me précéder et revenir de son périple au Portugal sans l’enchantement que j’espérais. De bavardages en photos tristounettes, mon désir de visiter ce pays européen s’est rapidement estompé. Si vous suivez ce blog depuis mon premier voyage en Italie, vous savez que j’apprécie particulièrement les espaces sauvages et naturels. Le Portugal pouvait-il m’offrir ce dépaysement tant espéré ? J’ai sollicité l’avis de deux amis qui ont confirmé mon impression. Non décidément je n’avais aucune envie de visiter le Portugal. Mais comment découvrir encore des paysages aussi somptueux que ceux que m’avaient réservés l’Italie et la Norvège ?


Je l’écrivais plus haut, préparer un départ demande du temps, de la méthode, de l’organisation, rien n’est laissé au hasard. C’est une longue préparation géographique, culturelle mais aussi logistique. L’aménagement du Berlingo démarre bien avant le départ. Il faut extraire les sièges arrières ; protéger le sol d’un revêtement ajusté aux contours du coffre et des portes ; installer les deux coffres en bois de peuplier qui ne sont pas lourds mais très encombrants à manœuvrer ; assurer la sécurité du montage en fixant avec des sangles les coffres au plancher du véhicule ; visser les caisses entre elles. La kitchenette et le lit ont trouvé leur place. Viennent alors la succession des finitions qui me permettront enfin de partir : ajouter le plancher de bois, le recouvrir du tapis qui protègera des éventuels éclis ; fixer la glacière au siège du conducteur pour lui éviter tout basculement pendant les trajets. Sous le lit, accessible par la porte de coffre, aménager l’espace dédié au matériel de camping : table, chaise, gazinière, bonbonne d’eau et tout ce qui me permet de vivre confortablement en extérieur. Peut commencer, une semaine environ avant le départ, le chargement de ce qui est utile à ma vie berlingot !


Le nécessaire de couchage : mousses isolantes, matelas, duvet, drap et couvertures ; l’oreiller et les coussins qui caleront bien le dos pour les soirées à la lueur de la tablette ; les trois caisses de rangement qui se faufilent parfaitement sous le lit : la boîte verte dédiée à la santé et à la toilette, la jaune pour les chaussures de montagne, sandalettes, tongs, chaussettes et paire habillée au cas-où l’envie me viendrait de faire ma coquette en ville ; enfin la rose pour les pantalons, short de toutes les longueurs et matières, tee-shirt, pulls et tout le linge de corps. Le nécessaire de nuit est rangé à part, dans le coffre situé en toit, particulièrement appréciable pour son double accès, extérieur et intérieur, laissant bien au sec les polaires, impairs, et également le linge de nuit.
Dans cet espace réduit, chaque objet, du plus encombrant au plus improbable, est callé à une place unique où il se faufile exactement et que je suis certaine de trouver à coup sûr. Tout est pensé pour rendre le séjour non pas supportable mais agréable.
Les derniers jours je remplis le tiroir dédié aux provisions alimentaires, je range le nécessaire de toilette, le matériel électronique : tablette, appareil photo, téléphone, écouteurs, lampes sans oublier les connecteurs et câbles pour leur chargement. Au moment de partir il faudra encore remplir la glacière, les gourdes et mettre à sa place le sac à dos. L’installation de Lison sur le siège avant passager, calée, sécurisée et protégée du soleil, augure du départ pour le grand voyage. Elle patientera, profitera de nos arrêts, se laissera caresser de temps à autres. Nous sommes pour quelques semaines d’authentiques complices. Ma petite compagne sait que la voiture-maison ou la maison-vacances sera notre repère et qu’à l’occasion elle profitera de toute mon attention.
Mais les préparatifs d’avant départ comprennent également les courses, le nettoyage du jardin, celui de la maison, les dernières pièces de linge à laver et ranger, l’arrosage des plantes, les papiers à régler qui n’attendront pas le retour, la vérification des musiques téléchargées qui adouciront la pénibilité des longs déplacements et tant d’autres tâches qui me permettent de partir l’esprit tranquille. Parmi les plaisirs de la dernière semaine : la visite aux amis, les sourires, les embrassades, les « à bientôt », ils seront présents dans mes pensées tout au long du voyage et je sais que plusieurs d’entre eux/elles passeront sur ce blog prendre de mes nouvelles, suivre mon périple, regarder les photos, rêver à leur tour d’une destination de balade, poster quelques commentaires que je lirai toujours avec plaisir.
22 heures au Pallet, le soleil s’est faufilé derrière les grands frênes. La tension de la route qui m’attend exige que je dorme paisiblement. Demain à cette heure-ci je serai installée à Saint-Jean de Luz, pelotonnée sous mes couettes, dans mon chez-moi d’à peine trois mètres carrés en pestant à coup sûr de m’être encore heurtée la tête dans le toit du véhicule. J’ai beau ne mesurer qu’un mètre cinquante cinq, je garde la tête bien en acmé. Quelle folie, mais quelle jubilation !

Te voilà bien arrivée Monique 👍
Évite si possible les autoroutes …..pour ton périple … tu as tout ton temps pour profiter de chemins moins encombrés et dangereux.
Repose toi bien dans ton ptit univers bien à toi 🤩
La bise
Ce matin sur l’autoroute jusqu’à San Sebastian je pensais à ton conseil et dès que j’ai pu j’ai pris les petites routes annexes et quelle vue splendide elles me réservaient !
Quelle chance j’ai ! Mes premiers commentaires, mes premiers ravissements à vous lire…. j’espere que votre star du jour va bien vous faire rêver et rire. Bises M’Annick et Béa et Lulu
Alors ça y est te voilà en route ! Ma chère Monique, merci de nous embarquer avec Toi dans tes déambulations européennes 🌍 et de partager avec nous, à travers tes mirettes, tes découvertes, tes joies, tes ressentis. Belle et bonne route 😍 👩☀️
Bon voyage chère Mo’ !
Nous allons être d’heureux veinards à suivre ton périple, à admirer tes magnifiques photos 🙂
Bonne route 😘🌼💚😀