Lavande


France / dimanche, juin 20th, 2021

Délicieuse surprise ! Le long de départementale 92 qui me conduit de la Chartreuse vers l’Ardèche, alors que le ciel s’obscurcit, j’aperçois une étendue bleue violine. Dès que possible je m’arrête pour trouver une route, au pire un chemin carrossable, qui me permettra d’accéder au plus près de ce champ améthyste. De la lavande, j’en suis certaine ! J’ai suivi du regard pendant toutes mes vacances l’avancée florale des cultures de lavandins, étendues à perte de vue qui demeuraient vert-grisâtre avec, ici ou là, quelques nuances de gris-bleu à peine décelables. Et là, enfin, alors que je suis sur la route qui me ramène aux Vans, ma curiosité semble satisfaite. Je repère sur la carte Michelin, un chemin assez large qui me permettra d’atteindre le domaine bleu-saphir. Je l’atteins sans difficulté. Mais si la couleur est au rendez-vous, le parfum reste très timide. Il fait froid, le soleil a disparu derrière d’épais nuages menaçants, l’huile des fleurs chiffonnées entre mes doigts embaume mes mains mais la senteur délicate peine à se répandre dans l’air qui reste moite et inodore. Je prends quelques clichés témoignant ainsi qu’avec les coquelicots, les genêts, les champs de renoncules et de lin, la lavande est bien la fleur dominante de ce magnifique paysage du sud est de la France.

Une demie-heure à peine après les photos du champ de lavande, une énorme tempête s’est abattue sur nous. Une pluie que les essuie-glaces à pleine vitesse n’arrivaient pas à balayer du pare-brise. Un vent d’une violence telle que le Berlingo faisait des incartades sur la route malgré ma tenue serrée du volant. Apercevant une zone commerciale, j’ai décidée de m’y arrêter. Sous de grands abris de tôle et de bois de Romans sur Isère, je n’étais pas la seule à pour attendre que l’orage passe. Vingt minutes plus tard, le calme était revenu. Mon voyage dans le sud n’aurait pas été complet si je n’avais pas subi l’un de ces orages spectaculaires, aussi vifs que violents, qui ravagent parfois en quelques minutes une zone entière de culture, soulèvent les toits et arrachent les arbres. Sur la route qui conduisait d’Aubenas aux Vans, de grosses branches étaient tombées, des monticules de pierres avaient coulé sur la chaussée témoignant qu’en Ardèche également la tempête avait sévi. Pendant les trois jours qui ont suivi je n’ai pas réussi à me connecter à Internet.

A l’heure réelle où j’écris cet article, nous sommes le samedi 26 juin et pour tout l’été à venir, je suis maintenant de retour chez moi. Il faudra attendre un prochain départ pour y venir découvrir les photos capturées lors de mes ballades. A bientôt !

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